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Par Angie Willcocks, psychologue

On m’a récemment demandé comment une personne peut reconnaître quand il est temps pour elle de consulter un psychologue. Cette question est intéressante; d’ailleurs, la personne qui m’a posé cette question se demandait aussi si les sommes qu’elle dépenserait pour des vacances seraient tout autant efficaces que si elle les dépensait pour des séances de counseling! Voici ma réponse : si vous vous sentez stressé, des vacances pourront vous aider; mais si vous souffrez d’anxiété, un congé ne vous aidera pas du tout.
Les gens confondent souvent stress et anxiété, parce que les symptômes physiques de ces derniers se ressemblent. La tension musculaire, l’irritabilité, les troubles du sommeil, la fatigue et les maux de tête peuvent tous être un signe de stress ou d’anxiété. Cependant, en examinant les pensées qui accompagnent ces symptômes physiques, on peut les différencier. Les pensées habituellement associées au stress sont notamment : « Je dois faire ceci, puis je dois faire cela », tandis que la personne fait défiler dans son esprit une liste de tout ce qu’elle doit faire. En revanche, les pensées habituellement associées à l’anxiété sont notamment : « Et si…? »; elles sont accompagnées d’une grande inquiétude souvent liée à des situations susceptibles de ne jamais se produire. Des pensées et des symptômes anxieux plus ou moins constants, envahissants et difficiles à maîtriser sont indicatifs d’un trouble d’anxiété. Un psychologue peut décidément aider dans ce genre de situation.
Nous nous sentons pratiquement tous anxieux à un moment donné ou à un autre. Presque tous se rappelleront les sensations physiques qui accompagnent l’anxiété, comme la moiteur de la paume des mains, les nœuds dans l’estomac, les maux de ventre, le cœur qui bat à toute allure et les muscles tendus – peut-être en anticipation d’une entrevue pour un emploi, d’un rendez-vous chez le dentiste ou d’un examen. Ces symptômes s’estompent généralement dès que l’événement est en cours ou peu de temps après. Toutefois, une personne souffrant d’un trouble anxieux éprouvera ces symptômes ou d’autres du genre presque constamment.

Les symptômes suivants sont communs à tous les troubles anxieux :

  • Éprouver un sentiment d’être à bout ou vidé la plupart du temps ou tout le temps
  • Être facilement irrité
  • Être inquiet la plupart du temps ou tout le temps
  • Ressentir de la panique ou possiblement la ressentir facilement
  • Se sentir facilement submergé ou penser « perdre ses moyens »
  • Ressentir des tremblements du corps ou des mains
  • Ressentir des vertiges légers ou des étourdissements
  • Éprouver une sensation de serrement traversant le thorax
  • Éprouver des difficultés à respirer, un souffle court, une sensation d’être incapable de reprendre son souffle ou l’impression de ne pas pouvoir inspirer suffisamment d’air
  • Éprouver des difficultés à dormir
  • Se sentir incapable de se détendre
  • Ressentir des nausées ou des douleurs au ventre

Certains troubles de l’anxiété comportent tous les symptômes figurant ci-dessus, ou quelques-uns d’entre eux, mais sont aussi caractérisés par des symptômes précis. Il s’agit des troubles suivants :

L’anxiété sociale

Ce trouble comprend la peur de se sentir ridicule en public. Les personnes souffrant d’anxiété sociale craignent souvent que les autres les épient, les jugent, les ridiculisent ou parlent en mal d’elles. Elles peuvent aussi craindre de paniquer dans un milieu public ou d’attirer l’attention sur elles. Celles aux prises avec un trouble d’anxiété sociale éviteront les rassemblements sociaux ou ne fréquenteront que certains endroits et que certaines personnes.

Le trouble panique

Le trouble panique commence par une attaque de panique. Une attaque de panique est une sensation soudaine et très intense d’anxiété qui est très envahissante. Quand elle se produit, les symptômes d’anxiété peuvent être si forts que les gens pensent souvent qu’ils subissent une crise cardiaque ou qu’ils sont en train de mourir. Bien des gens se rendent à l’hôpital durant une attaque de panique. L’expérience est si terrible que beaucoup de gens ressentent de l’anxiété à l’idée d’éprouver une attaque de panique; ils évitent ainsi toute situation susceptible de la provoquer. L’anxiété liée à la panique et l’évitement des déclencheurs possibles sont des indicateurs d’un trouble panique.

Le syndrome de stress post-traumatique (SSPT)

Le SSPT est un trouble anxieux qui se manifeste chez les gens ayant été victimes ou témoins d’un événement traumatique, ou encore y ayant été impliqués, comme une situation mettant leur vie en danger, un accident sérieux ou une blessure grave qui aurait entraîné des sensations intenses de peur, d’impuissance ou d’horreur. Les gens aux prises avec le SSPT se sentent souvent très surexcités ou « en alerte », comme si leur corps se préparait à subir un autre traumatisme. Ils préfèrent éviter les sensations que le traumatisme a provoquées et peuvent ainsi éviter tout ce qui est susceptible de leur rappeler ces sensations. D’ailleurs, ils ont fréquemment des pensées intrusives perturbantes, qui sont en fait des rappels soudains de l’événement traumatique qu’ils ont vécu.

Le trouble obsessionnel-compulsif (TOC)

Souvent les gens tournent en dérision leurs propres faiblesses ou blaguent à propos des personnes qui sont éprouvées par le TOC. Cependant, cette situation n’a rien d’amusant pour ceux qui sont véritablement aux prises avec ce trouble de l’anxiété. Le TOC doit son appellation au fait que les gens qui en souffrent connaissent des pensées indésirables difficiles à maîtriser, désignées comme obsessions. En raison de ces manifestations, ces gens sont convaincus qu’ils doivent adopter certains comportements (compulsions) pour éviter que des choses terribles ne se produisent. Par exemple, une personne souffrant du TOC pourra penser et sentir qu’elle doit se laver les mains d’une certaine manière (avec un certain rituel) pour éviter la contamination par les germes. Une personne susceptible de penser et de sentir qu’elle doit actionner l’interrupteur d’un luminaire trois fois pour garder sa famille en sécurité la nuit ou s’assurer huit fois que les portes sont verrouillées constitue un autre symptôme de ce trouble. Bon nombre de personnes aux prises avec le TOC ont une peur envahissante que quelque chose de terrible se produise si elles ne maintiennent pas leurs comportements compulsifs; en fait, elles ne savent pas toujours que c’est plutôt cette « chose terrible » qu’elles craignent.

La phobie

La phobie est une peur envahissante et incontrôlable d’un objet ou d’une situation en particulier. Lorsqu’une personne souffre de phobie, elle ressent des niveaux élevés d’anxiété ou de panique en lien avec cet objet ou cette situation. Les phobies les plus courantes comprennent la peur des espaces dégagés, des espaces clos, des ascenseurs, des hauteurs et de certains animaux.

Le trouble anxieux lié à la santé (ou hypochondrie)

Pour les personnes souffrant de ce trouble, la peur de contracter une maladie grave que les médecins ne pourront pas diagnostiquer adéquatement est prédominante. Les gens souffrant du trouble anxieux lié à la santé interprètent souvent à tort leurs symptômes d’anxiété comme des symptômes d’une maladie grave. La peur d’avoir une maladie grave accroît leurs symptômes d’anxiété, créant ainsi un cercle vicieux. Parfois, les symptômes d’anxiété sont ressentis physiquement de façon si aiguë qu’il est difficile de croire qu’ils ne sont pas causés par une maladie grave. Souvent les gens aux prises avec un trouble anxieux lié à la santé passeront beaucoup de temps à consulter les médecins et d’autres spécialistes de la santé à propos de leurs symptômes. Je constate que le nombre de clients aux prises avec ce trouble anxieux augmente, en raison de la facilité avec laquelle on peut faire de la recherche sur ses symptômes sur Google.

L’anxiété se traite

La perturbation de la vie des gens qui souffrent de ces différents troubles en constitue une caractéristique commune. Les personnes aux prises avec un trouble de l’anxiété évitent souvent les situations susceptibles de déclencher leur anxiété. Au fil du temps, elles évitent un nombre croissant de situations, jusqu’à ce que l’anxiété contrôle pratiquement tous les aspects de leur vie.

Dans une perspective plus positive, on peut traiter l’anxiété! Comme la plupart des problèmes de santé, le diagnostic précoce en facilite le traitement. L’anxiété légère ou modérée est facilement traitable grâce au counseling auprès d’un psychologue. L’anxiété plus grave comporte habituellement un long fil d’antécédents et requiert souvent l’emploi de médicaments d’ordonnance jumelés à des psychothérapies.


Des familles de bonne mine le sont à titre d’information générale uniquement et ne doivent jamais remplacer les services de santé ou de gestion de crise professionnels. Au Québec, pour vous aider à rejoindre un organisme en cas de crise, veuillez contacter par téléphone le centre d’information et de références au 2-1-1.