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par Jocie Ferron

Certains jours, je suis encore étonnée de m'être retrouvée dans une petite ville minière au nord du Québec. À la suite de la mutation de mon mari, j'ai laissé ma carrière d'infirmière et déménagé nos deux petits garçons et nos pénates.

Nous sommes maintenant entourés de forêts, les érables changeant de couleur à l'automne, de lacs à n'en plus finir et de magnifiques terrains de camping à découvrir. Nous avons vu un ours noir, un castor et quelques écureuils et tamias ont adopté notre cour arrière. En hiver, la neige s'accumule et la température peut baisser sous les -40 degrés Celsius, mais l'été est tellement plus agréable après un hiver long et froid!

Je me considère chanceuse : mon mari ne travaille pas en service de navette et mon plus grand défi a été de m'habituer à la langue française au Québec. En tant qu'Australienne qui n'avait que des connaissances (c'est un bien grand mot!)en français avant de venir ici, la vie a été intéressante, c'est le moins que l'on puisse dire!

Mes deux fils ont rapidement appris la langue et je suis encore surprise de les voir utiliser des verbes dont je n'ai pas encore maitrisé la conjugaison. Cela me rappelle la formidable expérience culturelle que représente cette mutation pour nous trois (mon mari parle déjà le français). L'apprentissage d'une nouvelle langue ne vient pas aussi facilement aux adultes et je dois avouer avoir connu mon lot de frustrations à la suite de conversations ratées et d'incompréhensions.

Qu'ai-je appris et quels conseils pourrais-je donner à quelqu'un qui se retrouve dans une situation semblable?

1. Faites un effort pour apprendre la langue

Lorsque vous ne comprenez pas ce qui se passe autour de vous, vous avez l’impression d'être très isolé. Parfois, vous avez aussi l'impression d'être un peu imbécile lorsque vous ne comprenez pas de simples questions ou ne pouvez lire le menu d'un resto. Que faire alors? Suivez un cours de langue ou dénichez un organisme multiculturel dans le voisinage. Non seulement apprendrez-vous la langue, mais cela vous obligera à sortir de la maison et vous pourrez rencontrer des gens qui partagent ces mêmes problèmes.

2. Osez parler!

Moi non plus je ne tenais pas compte de cette recommandation, mais c'est vrai. Pour apprendre une langue, il faut la parler. Pas facile de faire le premier pas, mais il faut vous dire « Bon, aujourd'hui j'y vais –j'écorcherai les sons, la grammaire sera affreuse, mais j'aurai fait un effort ». Ce peut être le simple fait de demander un café, mais dès que quelqu'un vous comprendra, vous vous sentirez d'attaque pour continuer.

La prochaine fois, ce sera un peu plus facile et la fois suivante, vous y irez tout de go, sans vous soucier de la prononciation ou de la grammaire. Je suis ici depuis 18 mois et je dirais que mon français est passable; j'ai même pu travailler quelques jours par semaine dans un magasin. J'ai fait des erreurs qui ont fait sourire mes collègues de travail, mais la plupart des gens sont très heureux de vous voir faire des efforts pour apprendre leur langue.

3. Faites-vous des amis

Lorsque vous ne parlez pas la langue, il peut être encore plus difficile de nouer ce premier contact. Trouver un ami ne vient pas tout seul. Il faut avoir le courage d'appeler la première fois et de persévérer pour continuer la relation; autrement dit, il faut faire un effort même si cela ne vous tente guère. Un de mes bons amis est francophone et même si nous avons encore de petits problèmes de communication, nous avons d'excellentes conversations en franglais! Le fait d'avoir des enfants aide beaucoup : vous pouvez vous servir de l'excuse de réunir les enfants pour jouer pour organiser cette première rencontre.

En cas d'échec, si vous n'en pouvez plus de ne rien comprendre dans le journal, à la radio, à la télé ou à l'épicerie, débarrassez-vous de vos frustrations sur quelques coussins. Ça aide! .


L'infirmière australienne Jocie Ferron faisait du bénévolat en Mongolie lorsqu'elle a rencontré son mari québécois qui travaillait dans le secteur minier. Après avoir vécu en Australie quelques années, ils sont partis vers le Canada avec leurs deux jeunes enfants. Ils jouissent quelques années dans une ville minière au nord du Québec (où Jocie avait aventures quotidiennes de navigation vie en français) et ils ont maintenant établi au Nouveau-Brunswick.